Papillon emblématique

Un Papillon emblématique pour le Québec, pourquoi pas?

Mise en contexte

Le Québec possède déjà trois emblèmes nationaux officiels : le Bouleau jaune, le Harfang des neiges et l’Iris versicolore. Depuis quelques années le papillon amiral a été choisi par un vote démocratique pour être le papillon / insecte emblème du Québec. Des démarches ont été effectuées à diverses reprises pour obtenir sa reconnaissance officielle par l’Assemblée nationale du Québec.

Pourquoi un insecte emblème pour le Québec ?

Avec plus de 25 000 espèces présentes au Québec, les insectes constituent probablement la plus riche et belle diversité animale de la province. Tantôt aimés (les papillons sont sûrement le meilleur exemple), tantôt détestés (pensons aux maringouins et aux mouches noires), les insectes occupent un rôle majeur dans le maintien des écosystèmes et dans la pollinisation de nos plantes. En bref, ils sont essentiels à notre présence sur Terre. Or, depuis quelques années, on observe un déclin mondial des populations d’insectes. Doter le Québec d’un emblème entomologique constituerait une reconnaissance de l’importante des insectes dans nos écosystèmes et au niveau de la biodiversité en général.

Historique du projet

Rappelons que l’idée d’un insecte emblème est celle d’un citoyen qui s’étonnait de voir que de nombreux états américains en possédaient un. Il adressa alors une lettre à l’Insectarium de Montréal en 1993 dans laquelle il suggérait de doter le Québec d’un emblème entomologique.

Par la suite, un comité fut formé pour étudier le dossier. Composé de quatre entomologistes (Jean-Pierre Bourassa de l’UQTR, Daniel Coderre de l’UQAM, Marjolaine Giroux de l’Insectarium de Montréal et Serge Laplante d’Agriculture et Agroalimentaire Canada), mais aussi d’un botaniste (Daniel Gagnon de l’UQAM) et d’un biologiste (Jacques Prescott du Ministère de l’Environnement et de la Faune), ce comité a eu pour mandat, entre autres, d’établir les critères de sélection et de choisir les insectes candidats.

En 1996, le comité arrêtait ses choix sur 5 espèces, à savoir : la coccinelle maculée (Coleomegilla maculata lengi), la demoiselle bistrée (Calopteryx maculata), la cicindèle à six points (Cicindela sexguttata), le bourdon fébrile (Bombus impatiens) et le papillon Amiral (Limenitis arthemis). L’année suivante, le ministre de l’Environnement et de la Faune, David Cliche, donnait son appui au projet de doter le Québec d’un insecte emblème. Au printemps 1998, avec le partenariat de plusieurs organismes (Société d’entomologie du Québec (SEQ), Association des entomologistes amateurs du Québec (AEAQ), Entomofaune du Québec, les Amis de l’Insectarium et la ville de Montréal), l’Insectarium de Montréal mettait en place l’exposition « Pourquoi un insecte emblème » ? Un vote populaire fut organisé (d’avril à décembre) afin de choisir l’insecte qui deviendrait le quatrième emblème du Québec. À l’issue de cette consultation, c’est le papillon Amiral qui est sorti gagnant du scrutin, remportant près d’un tiers des suffrages avec plus de 73 000 votes sur 230 000 et devançant la coccinelle maculée de quelques 5000 voix.

Commençait alors une longue route vers la reconnaissance officielle de l’Amiral en tant qu’insecte emblème.

Une reconnaissance qui tarde à être officialisée …

Des démarches ont été entreprises sous différents gouvernements jusqu’au milieu des années 2000, mais chacune d’elles s’est avérée vaine. C’est pour reconnaître et honorer le travail du comité de sélection, de toutes celles et tous ceux qui ont été impliqués dans ce projet ainsi que des milliers de personnes qui ont pris part au vote que la SEQ a décidé de relancer le dossier en 2015. Le 15 juin 2017, le député Dave Turcotte, déposait le projet de loi n° 894 (Loi modifiant la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec afin que le papillon Amiral soit reconnu comme insecte emblématique du Québec) et l’Assemblée nationale du Québec acceptait d’en être saisie. En 2017, en signe d’espoir, les organisateurs de la réunion annuelle de la SEQ ont également choisi de faire un clin d’œil à ce projet de loi en choisissant l’Amiral comme logo de l’évènement, dont la thématique était « Le patrimoine entomologique ».  Les élections provinciales de 2018 ont fait en sorte que le projet de Loi n’a jamais été appelé pour un vote au Salon Bleu pour officialiser l’Amiral comme insecte emblème du Québec.

De l’espoir à l’horizon ? Notre dernière chance…

Avant qu’un projet de Loi se retrouve devant l’Assemblée nationale du Québec, il faut d’abord réussir à avoir l’écoute de députés et réussir à les convaincre, avoir l’appui du caucus du parti politique qui soumettra le projet de Loi. Il s’en suit alors un processus de rédaction et de validation du projet qui implique des juristes de l’État. Une fois que le projet est rédigé, il peut être déposé à l’Assemblée nationale du Québec. Puis quelques mois peuvent encore passer avant que le projet soit appelé pour le vote.

L’avancée faite en 2017 par la SEQ, en dépit de l’arrêt du processus par la tenue des élections, a ravivé l’espoir. Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu depuis 2018 ainsi que divers dossiers déposés auprès de députés et du Ministère de la Justice, responsable du drapeau et des symboles nationaux. La députée Agnès Grondin, appuyée par son collègue Louis Lemieux, de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a accepté de reprendre le dossier.  L’état d’avancement du projet devrait permettre l’officialisation de l’Amiral.

L’officialisation d’un nouvel emblème pour le Québec n’est bien sûr pas un enjeu majeur pour notre province. Il nous est encore permis d’espérer et de garder espoir ! L’Amiral de par ses caractéristiques et des éléments de sa biologie s’avère toujours un choix judicieux qui aura aussi une belle présence dans une démarche visant l’accentuation de nos efforts de protection de notre environnement québécois.

En 2019, la SEQ, avec le concours financier de la SEC, a mené un projet participatif pour déterminer quelle est la distribution de l’Amiral au Québec. Ce sont 106 observations qui ont été faites à travers toute la province. Les résultats de ce projet participatif sont disponibles sur le site iNaturalist. Ce recensement démontre l’intérêt des citoyens pour l’Amiral et qu’il est largement distribué dans plusieurs régions du Québec.

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